La Grande Guerre vécue par d'illustres indriens

28 juin 1914 : l'attentat de Sarajevo contre l'Archiduc François Ferdinand, héritier de l'Empire d'Autriche Hongrie, déclenche une succession d'évènements qui mènent à la guerre.

Dès le 25 juillet 14, des mouvements de troupes s'opèrent en France : rappel des généraux et chefs de corps permissionnaires, puis vient le tour des appelés en permission.

Le 30 juillet : le chef d'état major Joffre réclame à Adolphe Messimy, Ministre de la Guerre, l'ordre de mobilisation mais celui-ci lui est refusé.

ordre mobilisationOrdre de mobilisation paru
dans l'Écho des Marchés du Centre
du dimanche 2 août 1914
Devant la fermeture des frontières allemandes le 31 juillet, il obtient le déploiement de troupes de couverture, c'est-à-dire affectées à la surveillance des frontières et des voies de communication. C’est ainsi que le premier mort de l’Indre - Jean Tauvy, 46 ans, originaire de Malicornay - est tué, dès le 2 août 1914, non pas dans l’est de la France mais à proximité du pont de Chabenet.

Le 1er aout 1914 : l'ordre de mobilisation tombe à 15h55. Un télégramme, envoyé à 16h précises, informe les chefs de corps, de divisions et de régiments mais aussi les préfets qui relaient l'information auprès des sous-préfets et des maires. L'ensemble de la population est informé le jour même par des affiches imprimées, déjà à dispositions dans les mairies depuis 1904 (seule la date restait à compléter), placardées sur la voie publique, dans chaque commune, puis le tocsin est sonné par toutes les cloches de France.

Mais qui dit mobilisation ne dit pas guerre. Il faut attendre le 3 août 1914 pour que l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Ce conflit armé va durer quatre ans et, même si l'Armistice est signé le 11 novembre 1918, commence alors une longue bataille diplomatique qui aboutit à la signature de différents traités dont le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 (date choisie en référence à l’attentat de Sarajevo) entre les Alliés et l'Allemagne. Il faut cependant attendre 1923 pour assister à un retour à la « paix ».

Tous les Français sont affectés par la guerre, quel que soit leur statut social ; qu'ils soient mobilisés ou non, cette dernière va marquer leurs esprits et façonner leur manière de vivre et de penser. Beaucoup vont vouloir témoigner de ce qu'ils ont vécu et de l'enfer des tranchées.

affiche gde guerreAffiche de l'exposition
La Grande Guerre vécue
par d'illustres Indriens
Parmi eux, des Indriens de naissance ou d’adoption, déjà célèbres en leur temps, tels que pdfCamille Berthet, pdfMaurice Brimbal, pdfLéon Broquet, pdfGaston Chéreau, pdfCharles Compodonico, pdfJean Giraudoux, pdfFernand Maillaud, pdfMarc Michon, pdfBernard Naudin, pdfBenjamin Rabier, pdfEdme Richard, pdfRaymond Rollinat, pdfGuy Vanhor ou pdfJules de Vorys, qui ont laissé une multitude de témoignages de ce qui devait être « la Der des Ders ».

Ce dossier et l'exposition La Grande Guerre vécue par d'illustres Indriens qui s'est tenue du 4 novembre 2014 au 10 janvier 2015 à la Médiathèque Équinoxe s'inscrivent dans les commémorations du Centenaire de 1914.

Tous les documents présentés sont issus des collections patrimoniales de la Médiathèque Équinoxe, à l’exception des documents relatifs à Benjamin Rabier et Marc Michon ainsi que les tableaux, gracieusement prêtés par des collectionneurs ou les familles des artistes.

Les biographies établies sous forme de fiches de registres matricules retracent l'engagement pendant « la Der des Ders » de ces celèbres Indriens qui ont laissé des témoignages exceptionnels de cette triste période.


Les Mémoires

jean giraudoux

Jean Giraudoux (1882-1944)

Bien que né à Bellac, en Haute-Vienne, Jean Giraudoux est le plus connu des célèbres Indriens évoqués dans l'exposition de la Médiathèque, bien que Berrichon d'adoption.

Il fréquente les bancs de l'école de Pellevoisin où son père est nommé percepteur avant de poursuivre ses études au lycée de Châteauroux – futur lycée Jean Giraudoux – où il obtient son baccalauréat de philosophie en 1900. Même s'il quitte ensuite le département de l'Indre, il restera marqué par son passage dans le Bas-Berry.

Mobilisé en 1914 au 298e Régiment d'Infanterie, il est blessé à la Bataille de la Marne en 1914 puis aux Dardanelles en 1915. Il cesse alors d'être au front et reprend sa carrière de diplomate et d'écrivain. La guerre lui inspire trois principaux écrits : Retour en Alsace, août 1914 (1916), Lectures pour une ombre (1917) et Une nuit à châteauroux (1919) dont le manuscrit est conservé à la Médiathèque Équinoxe depuis 2008.

Ce document relié, d'une quarantaine de pages, écrit à l'automne 1918, évoque Châteauroux avant et pendant la Grande Guerre. Giraudoux y témoigne de son passage au début de la guerre mais également de ses souvenirs d’adolescent, alors élève au lycée de la ville. Publié en 1920 dans le recueil Adorable Clio, il reçoit les éloges de Marcel Proust en personne qui écrira : « Il n'y a pas une ligne dans ce livre de Giraudoux où je n'aie à admirer ».

lectures ombreLectures pour une ombre

manuscrit nuitManuscrit Une nuit à Châteauroux

marc michonMarc Michon (1893-1982)

Indrien de naissance, Marc Michon embrasse une carrière militaire dès 1912. Engagé comme soldat de 2e classe au 90e RI, ses qualités humaines et de combattant vont le conduire dans différents régiments et sur les champs de batailles les plus exposés pendant la guerre 14-18. Il sera blessé à la tête, le 24 mai 1915, par un éclat d'obus.

Suite à de nombreux problèmes de santé, il fait valoir ses droits à la retraite en 1930. Commence alors pour lui une nouvelle carrière d'écrivain, notamment pour les enfants. Il publie également sous le pseudonyme de Jean-Dominique Saint-Hilaire.

batisseurs pontLes bâtisseur de ponts
de Rudyard Kipling
Passionné de littérature et amoureux des livres, Marc Michon se lance un nouveau défi au milieu des années 1930. Victimes de la crise, les Éditions Mornay, spécialisées dans l'édition d'art périclitent. Avec l'appui de deux amis bibliophiles, il renfloue la maison d'édition, et en devient l'administrateur délégué tandis que Valère Bachmann en devient le directeur. Sous l'impulsion de cette nouvelle équipe, les Éditions Mornay, fidèles à leur renommée, sortent plusieurs beaux livres dont Les bâtisseurs de ponts de Rudyard Kipling, illustré par Deluermoz, Les filles de la pluie d'A. Savignon, illustré par M. Meheut, Psyché de Pierre Louys, illustré par Carlègle... Malheureusement, l'aventure s'achève brutalement avec la disparition prématurée de Valère Bachmann, tué au combat en 1940.

La « retraite militaire » de Marc Michon est également bouleversée par la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle la famille Michon trouve refuge à Guéret, dans la Creuse. C'est là que Marc Michon est arrêté par la Milice, avec 87 autres otages, avant d'être interné à la prison de Limoges.

À la Libération, Marc Michon choisit de demeurer en province et s'installe à Vatan, près de sa fille Colette, heureuse maman de bientôt onze enfants dont Nicolas Bouchard, né en 1962, qui deviendra l'auteur bien connu de romans de science-fiction, romans historiques et de Fantasy, et qui fut lauréat du Prix Guy Vanhor – Ville de Châteauroux en 2003 pour son livre Mon ombre s'étend sur vous : une aventure d'Augustine Lourdeix.

Comme beaucoup d'anciens combattants de la Grande Guerre, Marc Michon ne souhaite pas parler de la guerre. Mais sur l'insistance de ses petites-filles, il finit par coucher sur le papier ses souvenirs de guerre, consignés dans des cahiers d'écolier dont il fait don en 1970 à la bibliothèque de Châteauroux, ainsi que du tapuscrit de Mes guerres et mes prisons qui sera publié, en 1980, par l'Imprimerie Lecante.

cahier manuscritCahiers manuscrits de Mes Guerres et mes prisons

tapuscritTapuscrit de
Mes Guerres et mes prisons
guerres prisonsMes Guerres et mes prisons

Dédicacé à sa femme, ses deux filles et ses quatorze petits-enfants, Marc Michon explique en avant-propos pourquoi il a ressenti le besoin d'écrire cette autobiographie, alors qu'il n'aimait n'aimait pas parler de lui.

« Dans l'un de mes précédents ouvrages, j'ai prêté ce propos à l'un de mes personnages : "Rien ne mérite d'être dit, hormis ce qui ne peut pas l'être". Et voici que j'entreprends d'écrire mes mémoires !

Pourquoi ? Tout simplement parce que trois de mes petites-filles, [...], mes inspiratrices, m'y ont incité. Elle furent à l'origine de la cristallisation de mes rêves.

Devant elles, un après-midi, ce qui arrive très rarement, j'avais fait allusion aux risques que j'avais courus à la guerre, m'empressant d'ajouter : "Mais tout cela mes enfants, ne vous intéresse certainement pas".

Protestations véhémentes. [...] L'intérêt porté par trois de mes petites-filles à une évocation fugitive de mes aventures guerrières avaient déclenché en moi une réaction en chaîne.

Tout un passé avait surgit du fond de ma mémoire avec tant de force, dans un tel enchaînement que, bientôt je décidai, ce que j'avais toujours différé, d'écrire mes souvenirs de guerre et de prison. »

photo guy vanhor

Guy Vanhor (1890-1969)

Dans sa classe, il était André Tissier. À la maison, il devenait Guy Vanhor, homme de lettres, écrivain, journaliste, peintre et violoniste.

On connaît l'importance des instituteurs dans la vie des villages comme garants de la mémoire collective des communes. Guy Vanhor ne déroge pas à la règle.

instituteur ecrivainGuy Vanhor, l’instituteur écrivain Après une scolarité brillante, André Tissier / Guy Vanhor choisit d'embrasser la carrière d'instituteur, profession qui le conduit à Sacierges, Crevant, Le Blanc avant d'être affecté le 16 août 1909 à Vatan où il est nommé titulaire le 1er janvier 1912.

C'est dans cette ville qu'il est en poste à la déclaration de la guerre en août 1914. Non mobilisable du fait d'handicaps liés à la polio dont il a été victime dans son enfance, il devient un témoin privilégié de la vie quotidienne vatanaise et de l'ambiance régnant à la fois dans le bourg et à l'école, vie qu'il retranscrit dans un cahier.

Celui-ci est publié, en 1999, à l'initiative de La Guérouée de Gâtines et de l’Association pour le Développement des Activités Culturelles de Chabris dans un recueil honorant l’auteur : Guy Vanhor, l’instituteur écrivain.

image 1 08En parallèle du Journal d’un instituteur de Vatan pendant la Grande Guerre – Vatan (1914-1915), Guy Vanhor écrit, toujours dans des cahiers d’écolier, Lettres à un poilu. Ces lettres qui s’adressent à un poilu imaginaire, retranscrivent les sentiments et les interrogations de l’auteur à propos du conflit qui ensanglante l’Europe.

Toujours pendant cette période de la guerre, Guy Vanhor écrit un grand nombre de poèmes dont beaucoup ont pour thème la Première Guerre Mondiale. Tel est le thème de La fête du 11 novembre ; La fête du retour ; Hallali ; La plaine des Pierres (1915) ; Ode à l’homme oiseau. Certains comportent une dédicace particulière.

Sur la Patrie est écrit « à la mémoire de mon ami Marcel Brillard, blessé à l’ennemi ». Quant au poème In Memoriam, ces strophes ont été composées « à la glorieuse mémoire des bons camarades tombées face à l’ennemi » et « À ceux aussi qui sont revenus ».

edme richardEdme Richard (1888-1969)

Edme Richard, fils d’Ulrich Richard-Desaix, naît en 1888 à Issoudun, au couvent des Minimes, propriété familiale. Il est mobilisé dans l’infanterie de réserve dans la 19e compagnie. Le 2 août 1914, il part pour Nevers où l'on forme le 213e RI.

Il passe l'hiver dans la vallée de Thur puis dans le village de Steinbach. En 1915, il part pour les tranchées et combat à Hartmanns-willerkopf. L'enfer commence alors. En décembre 1915, il devient sergent-fourrier. Il creuse des boyaux jusqu'en janvier 1917. Il effectue aussi des missions d'agent de liaison et se rend au Chemin des dames trois fois en mai, juin et juillet 1917. En septembre 1917, le 213e RI est dissout, son bataillon est versé à la 25e division et il est affecté au 98e RI. Il prend ainsi la direction de Verdun, toujours comme agent de liaison et quitte un enfer pour en vivre un autre.

automne1918Croquis à vue du poste occupé
par la 4e section (19e Cie = RI)
mai 1915 devant Steinbach
(7e ½ section seulement)
d'Edme Richard
En automne 1918, il tombe malade d'épuisement et est transféré à l'hôpital de Chantilly. Il y apprend l'Armistice par un marchand de journaux qui venait le soir avec l'Intransigeant. Il connaît ensuite la vie de caserne à Diez jusqu'en février 1919 et rentre à Issoudun. Il redevient civil le 25 mars 1919. Le même jour, il achève ses carnets de guerre commencés le 1er août 1914, témoignage de ce que furent ces quatre années terribles. Démobilisé, il recopie et complète ces neuf carnets journaliers dans trois cahiers reliés aujourd'hui numérisés et consultables en ligne.

Autre document rédigé pendant le conflit :

Il reçoit la Croix de Guerre, la Médaille Militaire, la Croix du Combattant et la Médaille Interalliée.

De retour à Issoudun, il devient membre de la Société des Antiquaires du Centre (Bourges) et à partir de 1924 de l’Académie du Centre (Châteauroux) dont il devient en 1954 le secrétaire général puis le vice-président en 1957. Il est également administrateur du musée d’Issoudun de 1921 à 1948. Il prête régulièrement des pièces de sa collection pour des manifestations culturelles. À la différence de son père, il est davantage passionné par l'Histoire et la géographie, que par la littérature et l'art.

Il est un des gestionnaires de la Caisse d’Épargne de 1928 à 1950. Il est aussi secrétaire du comité de la Croix-Rouge française, membre du conseil départemental et vice-président du comité d’Issoudun. Il fait partie de très nombreuses associations locales.

image 1 10La clé des mémoires d'Edme RichardIl possède une collection impressionnante sur la guerre 14-18 : des cartes individuelles d'alimentation, des cartes de bons d'essence, des planches d'insignes vendues pendant la Guerre, des cartes d'état major du club vosgien d'Alsace, des collections de timbres vendus au profit de la Guerre, des planches de cartes de correspondance des Armées de la République, des planches de cartes postales illustrées par Hansi, Elisabeth Sonrel et E. Marcoux, des planches de publicité pour les emprunts nationaux, mais également des objets personnels, une malle de souvenirs militaires, des médailles de guerre, son fascicule de mobilisation, son livret militaire, un carnet d'adresses, un billet d'hôpital, un billet de permission, des bagues, un parachute pour petit colis, une bague pour pigeon voyageur, etc. Nombre de ses documents ont été exposés à la Médiathèque.

image 1 11Objets et souvenirs de la Guerre 1914-1918
appartenant à Edme Richard
Un hommage lui est rendu par le Maire de Châteauroux, Gaston Petit, lors de ses obsèques qui ont eu lieu le 11 avril 1969. Le legs transmis à la Ville est très riche. Il comprend des ouvrages sur la Révolution et l’Empire, sur et/ou de George Sand, des auteurs du 17e au 19e siècle, une documentation sur le Berry, des manuscrits, des autographes de son grand-oncle le général Desaix ainsi que des journaux, des dossiers de presse et des cartes.

Sa collection lui a été transmise par son père Ulrich Richard, dont une partie se trouve au Musée Bertrand et l'autre à la Médiathèque de Châteauroux.


Les lettres et poèmes

camille berthet

Camille Berthet (1893-1961)

Coiffeur de profession, Camille Berthet n'en n'est pas moins poète. Cet homme au physique jovial aime déclamer sa prose en coupant les cheveux de ses clients.

Mobilisé en 1914, il connaît la boue des tranchées d'où il continue néanmoins à écrire des vers, transcrivant l'enfer des combats. Le plus célèbre d'entre ses poèmes, intitulé Leurs Mamans, est dédié à ses camarades de combat, morts pour la France, devant la ville de Loos.

Homme d'une grande droiture et d'un profond dévouement, il mène une lutte incessante au service des autres et des causes justes dans la vie comme sur les champs de bataille. Gazé, il refuse d'être évacué avant ses compagnons de régiment.

La passion pour la poésie sera au centre de toute sa vie et le conduira à animer, à la fin des années 1940, l'Amarylis, petite revue de poésie et à collaborer à la Muse Berrichonne de 1946 à sa mort.

amaryllisAmarylis N°2, juin 1948 leurs mamansLeurs Mamans
poème de Camille Berthet
(28 septembre 1915)

 

compodonico

lettres poesieLettres et poésies (1921)

Charles Compodonico (1888-1916)

D'origine italienne par son grand-père, Charles Compodonico est le seul Indrien célèbre évoqué dans l'exposition tombé au combat.

Jeune homme très doué pour les études, Compodonico entame une carrière prometteuse dans l'enseignement quand la guerre éclate. Professeur à l’École Normale de La Rochelle, il se trouve en voyage à Sofia en août 1914. Mobilisé dès son retour à La Rochelle au 123e RI, il participe à la Bataille de la Marne et connaît Verdun, avant d'être blessé grièvement le 18 juin 1916 dans l'Argonne. Il décède des suites de ses blessures le 20 juin 1916, à Sainte-Menehould (Marne), à l'âge de 28 ans.

Choqué par sa disparition, ses amis entreprennent un travail de collecte de ses écrits, lettres et poèmes, rédigés avant et pendant la guerre. Le recueil Lettres et poésies rassemblés par les soins de ses amis paraît aux Editions d'art des « Tablettes » (Paris) en 1924 et contribuera à faire connaître un jeune auteur de talent.

Autre reconnaissance : le nom de Charles Compodonico est inscrit au fronton du Panthéon à Paris parmi les noms des 546 écrivains morts pour la France.

fiche militaireFiche militaire
de Charles Compodonico

de vorys

Jules de Vorys (1838-1928)

Issu d'une famille aisée - son père était avocat à la cour d'appel de Limoges et fut député de la Haute-Vienne en 1848 - François Jules Frichon de Vignaud de Vorys, alias Jules de Vorys, est à la fois un écrivain, journaliste, chroniqueur, poète et compositeur, et est né à Thenay (Indre) en 1838.

Orphelin de mère, il part très tôt pour Paris où il effectue toute sa scolarité puis ses études de droit. Il reçoit une éducation stricte autant intellectuellement que physiquement.

C'est au cours de ses années au collège Sainte-Barbe qu'il rencontre et devient ami des fils de Ferdinand de Lesseps, grâce à son tuteur, Monsieur Delamalle, beau-Frère du célèbre architecte. Il restera très lié à la famille De Lesseps tout au long de sa vie. Cette amitié lui vaut d'être invité par le Khédive Ismail à l'inauguration du Canal de Suez, en 1869, et de dîner à la table de l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Passionné par l'écriture et les voyages, il s'inspire des pays qu'il visite pour écrire notamment ses Flanneries orientales.

Néanmoins, il reste très attaché au Berry. Nommé lieutenant de louveterie en 1866, il s'intéresse au problème des loups dans le département de l'Indre et enquête pour le compte du Figaro.

Promu sous-préfet du Blanc en 1870, il a à cœur la défense de sa région mais frustré par les limites de ses fonctions, il démissionne très rapidement. Cependant, l'aventure de l'écriture continue et il collabore à l'édition des Esquisses pittoresques de l'Indre.

À la déclaration de la guerre, trop âgé pour être mobilisé, il contribue à la défense de la Patrie, par le biais de sa plume. Il publie chaque mois, dans la presse, d'août 1914 à décembre 1918, une chronique en vers intitulée L'invasion allemande. Ces vers, écrits au fur et à mesure des événements du 28 juin 1914, jour de l'attentat de Sarajevo, à décembre 1918 sont regroupés dans un ouvrage, publié en 1919, chez Langlois, imprimeur à Châteauroux. Vendu 10 francs, le livre est vendu, une fois les frais d'impression payés, au profit des Orphelins de guerre ou Pupilles de la Nation du département de l'Indre.

invasion allemandeManuscrit L'Invasion allemandeinvasion allemande 2L'Invasion allemande (1919)La qualité des vers et le sentiment national qui en émane sont tels qu'ils font écrire à Jean-Bernard, préfacier de l'ouvrage : « À lire ces strophes pleines de souffle, de vaillance, d'indignation parfois et de courage, on dirait des vers de jeune homme par la verdeur, la vigueur, la forme et la netteté de la pensée. […] M. de Vorys, ancien volontaire de 1870 avait un peu plus de soixante quinze ans quand éclatèrent les hostilités, mais encore vert, il se mit à la disposition de la Défense Nationale. Mais le recrutement ne le jugea bon qu'à garder les voies de communication, ce qui lui procura des loisirs qu'il employa à exprimer en beaux vers ses désillusions, ses colères et ses espoirs. À la bonne heure ! disions-nous, en lisant une fois par mois ces strophes, tantôt tristes, tantôt enflammées, toujours bien françaises, confiantes dans la victoire quand même, voilà des vers qui partent de l'âme, des vers de poète et des pensées d'un bon citoyen. Ce petit livre […] sera sûrement un jour prochain une curiosité bibliographique. […] Les patriotes le liront comme réconfort [et] j'aime à me persuader que les instituteurs en feront apprendre des passages à leurs jeunes élèves. »


La presse

chereauGaston Chéreau vu par Bernard Naudin

Gaston Chéreau (1872-1937)

Poitevin par son père, berrichon par sa mère et surtout de cœur, il passe ses vacances dans ce Berry familial. Il rencontre à Argenton-sur-Creuse le jeune naturaliste Raymond Rollinat et va le voir chaque jour pendant ses vacances, tant il est passionné par ses recherches.

Il entre au lycée Fontanes de Niort, en internat, de 1885 à 1889, puis ensuite au lycée de Poitiers où il termine ses études secondaires. Durant ses études à Niort, son père lui offre des cours de peinture.

Amoureux de la nature, Gaston Chéreau dépeint la nature qu’il aime tant par ses écrits mais aussi par ses toiles.

articleArticle de Gaston Chéreau
publié dans l'Illustration
du 7 novembre 1914

Un accident survenu lors de son service militaire lui vaut un séjour prolongé entre Argenton-sur-Creuse, Prissac et Crevant pendant lequel il amoncelle de nombreux textes pour ses futurs romans.

Devenu fonctionnaire quelque temps, il acquiert son indépendance et se marie en 1900 avec Edmée Nodot, à Beaumont-en-Vérone (Indre et Loire). Le couple réside à Paris. Gaston Chéreau s’installe alors dans la littérature. Avec Champi-Tortu, paru en 1906, il affirme son talent même s’il manque de peu le prix Goncourt.

Également journaliste et chroniqueur, il devient reporter de guerre pour le journal L’Illustration en 1914.

Déraciné après la mort des ses parents en 1922 et par la vente de la maison familiale berrichonne de Prissac, il achète une maison à Bélâbre dans l'Indre.

En 1926, il devient membre de l’Académie Goncourt et de l’Académie du Centre.

Dans sa maison berrichonne, il peut enfin s’adonner pleinement à l’écriture et à l’observation de la nature, s'intéresse au cinéma, rédige des dialogues de films et devient aussi conférencier dans le monde entier.

Des Indriens « célèbres » inconnus : les journaux de tranchées

Dès l'automne 1914, alors que les combats font rage, naissent, à l'initiative des Poilus, des journaux dits de tranchées conçus et édités par des soldats sur le front même.

Même s’ils n’ont pas été totalement absents du côté allemand, les journaux élaborés par les combattants eux-mêmes sont surtout le propre des armées alliées et notamment de l’armée française.

Très longtemps méconnus, ces documents ont été tirés de l'oubli par l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau, spécialiste de la Première Guerre Mondiale, qui leur a consacré sa thèse en 1984, étude réalisée sous la direction de Jean-Jacques Becker.

journaux trancheesQuelques Journaux des Tranchées

Les premiers journaux de tranchées paraissent dès la fin 1914, à la charnière entre la fin de la « guerre de mouvement » et le début de la « guerre de position », période qui semble rassembler les conditions morales et matérielles propices à la mise en place d’une presse du front. De 1915 au milieu de l’année 1916, on assiste à la multiplication des titres des journaux, sans doute favorisée par l’émulation née entre les différents régiments et unités. Mais, dès la seconde moitié de 1916, la presse de tranchées amorce son déclin, même si on assiste à des sursauts sporadiques. La dureté des combats n’y semble pas étrangère. 1918, quant à elle, sonne définitivement le glas de la presse du front. Quelques titres renaîtront dans les années 1920 mais sous une forme et dans des circonstances fort différentes.

Malgré la précarité des conditions de rédaction, les journaux de tranchées se développent même si les parutions sont tributaires de l'intensité des combats, du déplacement du front, des aléas de la vie dans les tranchées. Un grand nombre de compagnies possède ou va posséder son journal de tranchées, entre 1914 et 1918. Pour exemple, 61 titres connus paraissent pour le seul mois de juin 1916.

Ces journaux sont essentiellement le fruit de la plume de soldats (1/3 des rédacteurs) et de sous-officiers et officiers jusqu’au grade de Capitaine. Très peu d’officiers supérieurs collaborent à la parution de ces journaux (seulement 2% des rédacteurs identifiés).

Outre le fait de lutter contre l’ennui ou la démoralisation et de remplacer la presse officielle, mal acheminée jusqu’aux premières lignes, le but de ces publications est de témoigner par le biais de quelques feuilles de leur expérience de la guerre, de lutter contre les représentations erronées qui circulent à l’arrière du front, de dénoncer les idées caricaturales que les civils ont du front. Tous les titres traitent de l’univers du combattant à l’exception des combats et affrontements : scènes de la vie quotidienne dans les tranchées ; états d’âmes ; nostalgie de la vie à l’arrière ; les femmes ; les poux ; les Allemands... Cependant, le contenu des journaux peut varier considérablement au fils des mois, évoluant au rythme des disparitions et du renouvellement des rédacteurs, des exigences de la censure ou de celle des lecteurs.

Hormis pour les journaux manuscrits à exemplaire unique, trois procédés de fabrication s’offraient à la presse du front :

  • le tirage à la pâte de gélatine, qui n’autorisait qu’un petit tirage au prix d’un travail long et fastidieux pour un résultat médiocre. La plupart des journaux réalisés avec cette technique ne comportaient guère plus de 4 pages et étaient obligatoirement édités pendant des périodes de repos, même si les articles étaient bien souvent rédigés sur le front. Ces documents sont considérés comme les plus émouvants.
  • le tirage ronéoté qui pouvait permettre d’atteindre un millier d’exemplaires grâce à du matériel d’impression assez imposant.
  • les journaux imprimés dont l’impression avait lieu dans les villes à l’arrière du front. Les articles étaient adressés à l’imprimeur qui renvoyait les exemplaires imprimés, d’où un coût qui pouvait être conséquent. Même si ce sont les mieux conservés, l’intérêt et la sincérité de ces parutions sont les plus discutables pour les historiens.

Éditer un journal coûte souvent cher, ce qui se traduit sur le prix de vente de celui-ci. Les tarifs sont d’autant plus fluctuants qu’ils varient selon le grade de l’acheteur. Les Poilus peuvent acheter leur journal au numéro ou bien s’abonner à l’année ou pour toute la durée du conflit. Les titres les moins couteux se vendent 5 centimes le numéro, les plus chers pouvant atteindre le prix de 50 centimes. Même si le prix moyen de ces parutions se situe entre 10 et 25 centimes, l’achat d’un de ces journaux, souvent de petit format et dépassant rarement six pages, pouvait apparaître comme un luxe pour bon nombre de soldats. Bien des journaux ne vécurent que grâce à l’apport personnel de ses rédacteurs ou grâce au mécénat exercé par des bienfaiteurs. Certains acceptèrent même le recours à la vente d’encarts publicitaires.

Ces petits journaux sont donc réalisés avec des moyens rudimentaires. Il n’est pas rare qu’un titre ne vive pas plus de deux ans. La périodicité, souvent fixée à un numéro par mois, peut varier : les interruptions de parution sont régulièrement d’actualité, pouvant aller de quelques semaines à quelques mois, voire une année.

Il est très difficile de déterminer avec exactitude le nombre de titres parus pendant toute la durée du conflit.

Les collections conservées et parvenues jusqu’à nous ne sont qu’un tout petit échantillon de la production. On sait que bon nombre de journaux de tranchées ont disparu sans laisser de trace, sauf dans la mémoire vivante des Poilus. Pour d'autres, ne subsiste que le nom cité ça et là dans les écrits des anciens combattants, tandis que certains ont vu leurs collections conservées quasiment dans leur intégralité.

Le degré de conservation des journaux de tranchées varie selon la date de publication et le procédé de fabrication employé : plus un journal parait tôt, est imprimé de manière artisanale et a un tirage restreint, moins il a de chance d'être présent aujourd'hui dans les Fonds d'archive. Ainsi, le nombre de journaux conservés augmente à mesure que le conflit s’approche de l’Armistice. Ils seront bien souvent conservés comme des reliques par les soldats-mêmes et leur famille.

Quatre titres sont présents, de manière très fragmentaire, dans les collections de la Médiathèque de Châteauroux : Le Bochofage, Les Boyaux du 95e, Le Poilu et L’Horizon : journal des Poilus.

Initiée par la Bibliothèque Nationale de France en partenariat avec la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine (BDIC), la numérisation des journaux de tranchées permet de découvrir, via le net, environ 130 titres traités à ce jour.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur Gallica ou l'Argonnaute.


Les Illustrations

rabierBenjamin Rabier (1864-1939)

Né en Vendée à Napoléon-Vendée, future La Roche-sur-Yon, Benjamin Rabier possède des racines berrichonnes du côté paternel. En effet, Benjamin Rabier Père, alias Berry, est né le 9 janvier 1832 à Langé, dans l’Indre. Et ses grands-parents paternels, Angélique et Sulpice Rabier, sont résidents au lieu-dit Narbonne, sur la commune de Jeux-Maloches.

Très doué pour le dessin et la peinture, Benjamin Rabier reçoit, dès 1879-1880, le Prix de dessin de la ville de Paris, prix accompagné d’une bourse qui lui permet de poursuivre ses études à l’école Jean-Baptiste Say, célèbre établissement parisien. Mais ses études représentent rapidement une charge trop lourde pour ses parents, ce qui le contraint à quitter l’école, en 1880, pour gagner sa vie à l’âge de 15 ans. Il effectue alors différents petits boulots avant d’être appelé sous les drapeaux en 1885 et d’intégrer le 33e Régiment d’Infanterie.

Affecté à la surveillance de la bibliothèque de la caserne, il en profite pour combler ses lacunes. La curiosité le pousse également à feuilleter les albums de Daumier, Grandville, Gustave Doré, Henri Monnier et Gavarni dont il essaie de reproduire certains dessins. Parallèlement, il peaufine son trait et imagine ses propres histoires.

À la fin de son service militaire, de retour à Paris, Benjamin Rabier passe un concours d’entrée à la Préfecture de la Seine. Le 9 octobre 1889, il intègre le service des perceptions municipales. Très vite, il demande sa mutation aux Halles de Paris où le travail s’effectue de nuit, ce qui lui laisse le temps de dessiner le jour. Reconnu illustrateur et auteur d’albums destinés à la jeunesse, il devient le père de Tintin-Lutin en 1906, premier succès, avant de s’attaquer aux Fables de La Fontaine.

En 1909, les doubles journées de travail finissent par venir à bout de la résistance du « dessinateur-fonctionnaire ». Il abandonne sa carrière de fonctionnaire, convaincu qu’il a désormais atteint une situation sociale et financière lui permettant de ne plus dépendre d’un emploi salarié. À 45 ans, il entame une nouvelle existence, tournée exclusivement vers l’illustration.

wachkyrieLa Wachkyrie

Très attaché à ses racines, même si la vie le conduit à Paris où il va passer une grande partie de son enfance et de sa vie professionnelle, il revient très régulièrement dans l'Indre où il trouve calme et inspiration, notamment dans sa maison de Lye. C’est dans cette bourgade, où il se trouve en famille, que Benjamin Rabier apprend la déclaration de la guerre au début août 1914. La nouvelle le bouleverse et les souffrances endurées en 1870 le hantent de nouveau.

Non mobilisable, Benjamin Rabier participe à l'effort de guerre avec ses animaux dont l'humour et la débrouillardise sont une belle démonstration de l'antigermanisme ambiant.

Sa première contribution se fait très tôt. Dès 1915, la guerre traîne en longueur et pour remonter le moral des troupes, l’Etat-major du train décide de doter chaque unité d’un emblème humoristique spécifique qui sera apposé sur tous les véhicules. Un concours est alors lancé auquel participe Benjamin Rabier. C’est ainsi qu’il donne vie, vers 1915, à la Wachkyrie, une vache hilare, emblème apposé sur les camions du service de ravitaillement en viande fraîche de l’armée, personnage qui sera repris par Léon Bel pour devenir La Vache qui rit que nous connaissons aujourd’hui.

Pendant toute la période de la guerre, Benjamin Rabier ne crée qu'un seul album. Flambeau chien de guerre voit le jour en 1916. Sous forme d'une bande dessinée, cet album raconte, aux enfants, les aventures d'un chien de ferme, Flambeau, qui, par fidélité à son maître appelé à la guerre, devient « chien de guerre ».

flambeauFlambeau, chien de guerre (1916)Aîné d'une portée de 7 chiots, Flambeau est un pauvre chien, pas très beau, un bâtard mal-aimé. Très tôt donné aux Mousseron, les propriétaires de la ferme voisine, il doit quitter les siens pour une nouvelle maison où il est rejeté par les animaux. Mais bientôt la guerre éclate. Flambeau décide alors de s’engager dans l’armée comme chien de guerre. Malheureusement, n’étant pas un chien de race, sa candidature est rejetée par la Commission d’engagement militaire. Cette décision ne l’arrête pas et il décide de s’engager lui-même.

Tel un véritable soldat, Flambeau vit aux rythme des poilus, va sur le front, connaît les tranchées, transmet des rapports, est blessé, tire au canon, libère des prisonniers... et accomplit toutes sortes d'actes héroïques contre le barbare ennemi germanique régulièrement ridiculisé. L'album s'achève par le retour des Poilus. La guerre de Flambeau est finie mais pas celle des hommes puisque nous ne sommes qu'en 1916.

Pas très beau, de condition modeste, mal-aimé, pas très cultivé mais honnête, Flambeau est le symbole du poilu de base. C'est dans cette imperfection que s'affirme son humanité et qu’il devient Monsieur tout le monde.

À circonstances exceptionnelles, album exceptionnel ! Paru en 1916 aux Éditions Tallandier, à une période de la guerre où la propagande "anti-Boches" se déchaîne, Flambeau chien de guerre est une leçon de patriotisme exaltant le sens du sacrifice dans laquelle l’ennemi est constamment ridiculisé. Mais c’est avant tout un album d’une très grande qualité d’exécution. Le choix du format à l’italienne permet à Benjamin Rabier de juxtaposer deux planches en pleine page pour n’en former plus qu’une.

photo04 2Planches de Flambeau, chien de guerre

Autre qualité de l’ouvrage : l’enchaînement des séquences, presque cinématographique, ce qui n’est pas un hasard puisque c’est avec Flambeau que Benjamin Rabier se lance avec son complice Émile Cohl, puis seul, dans l’aventure du dessin animé. Flambeau devient héros de cinéma à partir de 1917. Ses aventures se déclinent sous divers titres : Les fiançailles de Flambeau (1917), Clémentine et Flambeau (1917), Flambeau au pays des surprises (1919), La journée de Flambeau (1919), Les 400 coups de Flambeau (1919), Les malheurs de Flambeau (1923).

Outre cet album, Benjamin Rabier publie dans différents journaux satiriques tels que La Baïonnette, L’Anti-Boche, L’Echo des marmites, Le Bulletin des Armées de la République, Diabolo Journal, Excelsior, Le Pêle-Mêle.

pele meleLe Pêle-Mêle n°38
du 17 septembre 1916

baionnetteLa Baïonnette n°68
du 19 octobre 1916

anti bocheL'Anti-Boche n° 19 du 26 juin 1915

Fondé par Fred Isly, Le Pêle-Mêle est un journal qui se veut sur tout et pour tous, dont le premier numéro paraît le 28 septembre 1895. Benjamin Rabier y livre un dessin par semaine : de 1896 à 1919, il en donnera plus d’un millier. Beaucoup feront la couverture du journal. Il s'attachera durant le conflit à caricaturer la vie de l'arrière du Front. Avec Au diapason, Une du Pêle-Mêle n°38 du 17 septembre 1916, Benjamin Rabier croque un épicier devant une grosse motte de beurre, dans sa boutique, tenant un bout de fil de fer barbelé, à qui s'adresse une bonne accompagnée d'un chien - ressemblant étrangement à Flambeau - pour lui demander : « En voilà, une façon de couper le beurre ? ». Réponse de l'épicier : « Depuis le commencement de la guerre, je n'emploie que du fil barbelé ! ».

Hebdomadaire satirique français paru de 1915 à 1920, La Baïonnette offre également sa une à Benjamin Rabier. Fondé par le caricaturiste Henri Henriot, collaborateur de L'Illustration, le journal, dont le nom fait référence à la petite épée qui s’adapte au bout des fusils des Poilus français, aime se moquer de « la bêtise allemande » et tourner en ridicule Guillaume II. Rabier y retrouve son ami Charles Léandre qui lui aussi collabore à l’hebdomadaire.

Le 19 octobre 1916, à la une du n° 68, apparaît un lapin apeuré, n'osant pas sortir de son terrier, et la mention « La chasse est fermée », allusion à la Bataille de la Somme et à la virulence des combats.

Même chose pour L’Anti-Boche dont Benjamin Rabier devient un des illustrateurs attitrés. Organe hebdomadaire des Poilus, dirigé par Henri Dauvin, cet hebdomadaire illustré, paraissant le samedi au prix de 15 centimes, publie un certain nombre de dessins de Benjamin Rabier. Le 26 juin 1915, il en illustre la couverture : on y voit un officier allemand - reconnaissable à son casque à pointe et à son sabre - interrogeant une mère portant un bébé dans ses bras et lui demandant « Lequel de vous a crié Vive la France ? »

Autre support de propagande pour Benjamin Rabier : la carte postale. Deux d'entre elles remportent un franc succès.

cocoricoCocorico ! (1915), carte postale illustrée par Benjamin Rabier

obus 420L'Obus de 420, carte postale illustrée par Benjamin Rabier

1915 Cocorico !...

Cette carte postale reflète l'optimisme régnant au début du conflit. Là aussi les animaux parodient les hommes et les grandes puissances s'opposant depuis 1914. Grâce à ses alliés - le Royaume Uni (le léopard) et la Russie (l'ours) - , la France (le coq) peut lancer son chant de victoire sous un soleil radieux en enserrant le cou de l'aigle germanique reconnaissable à son casque à pointe...

L'obus du 420 : le lapin de l'Argonne...

« Zut ! La chasse est ouverte » fait référence aux combats de l'Argonne. L'expression de surprise du lapin innocent sagement tapi dans son terrier évoque à l'évidence l'agression de la France par l'Allemagne, symbolisé par l'obus de 420 qui éclate à proximité. Cet obus de 420 fait également référence à la Grosse Bertha, célèbre pièce d'artillerie utilisée par l'armée allemande dès 1914. Quant aux comportements des deux lapins de la scène, l'un se terre, surpris par l'attaque, tandis que le second prend la fuite.

Enfin, un autre document illustré par Benjamin Rabier mérite d'être évoqué. Il s'agit d'une carte satirique publiée par les Imprimeries Grandremy intitulée La transformation des Boches en 52 tableaux, qui par un habile jeu de découpe et de pliage permet de voir l'ennemi sous 52 facettes différentes.

Pendant toute la durée du conflit, Benjamin Rabier reste à Paris pour son travail tandis que Sophie et les enfants passent plusieurs mois à Lye où il les sait en sécurité et à l’abri de la pénurie alimentaire. C’est lors de l’un de ces séjours que son fils Benjamin décède en 1917.

transformation bochesLa transformation des Boches en 52 tableaux

naudinBernard Naudin (1876-1946)

Bernard Naudin est issu d'une famille d'horlogers et d'antiquaires de Châteauroux. Il travaille à 15 ans à la revue littéraire de Jean Baffier Le réveil de la Gaule. Il illustre ensuite son premier ouvrage, L'Amour au village, scènes de moeurs berrichonnes.

En 1893, il réside à Paris et il propose des cours de dessin à l'Académie Colarossi où il devient ensuite professeur.

En 1914, il devient illustrateur de guerre pour L'Horizon et Le Poilu.

Incorporé le 6 août 1914 à la 2e Compagnie du 65e Régiment Territorial d'Infanterie formé à Châteauroux, Bernard Naudin devient très vite illustrateur de guerre.

Bernard Naudin participe activement à la guerre. Du fonds des tranchées, des casemates ou des routes de l’arrière, il dessine et crayonne à la hâte et fige dans sa mémoire des personnages ou des saynètes aperçues au front, et toutes sortes d’éléments qui constituent un témoignage très émouvant du destin des soldats de la première Guerre Mondiale.

croquis campagneCroquis de campagne (1915)C’est ainsi que paraissent Croquis de Campagne de Bernard Naudin 1914-1915 aux Editions R. Helleu en 1915, recueil contenant une suite de lithographies d’après ses carnets de guerre, présentés sous une jaquette bleu horizon, rappelant la couleur des uniformes des soldats français. Ce recueil s’ouvre sur un touchant portrait à la mémoire d'André Peignot.

Le 16 août 14, Bernard Naudin est nommé Caporal, avant de partir avec son régiment vers le front de l'Aisne et vivre la Bataille de la Marne. C'est au cours de celle-ci que son ami André Peignot, devenu Capitaine, est tué par l'ennemi le 25 septembre 1914.

Éditeur d'art, André Peignot est un des fils de Gustave Peignot, fondateur de Fonderie Peignot, fleuron de la typographie française, principal employeur de Bernard Naudin.

Après un passage dans l'armée coloniale, André Peignot revient travailler dans l'entreprise familiale et commence une carrière dans l'édition d'art. C'est dans ce cadre qu'il se lie d'amitié avec Naudin et qu'il publie un certain nombre de livres illustrés par ce dernier. Il lui demande également de dessiner un caractère d'imprimerie. Le Naudin, stylisation de l'écriture de l'illustrateur berrichon, voit donc le jour en 1914 mais il ne sera commercialisé qu'après la guerre, en 1924. Malheureusement, il n'aura jamais le succès espéré.

le naudinLe Naudin André Peignot ne sera pas la seule victime de la famille tombée sur le champ de batailles. Après le décès de Robert en 1913, ses trois autres frères perdront la vie pendant le conflit :

Rémy, artiste peintre, le 15 mai 1915 à Carenay (Pas de Calais).Georges et Lucien, qui travaillent à la fonderie familiale, les 28 septembre 1915 et 29 juin 1916.

Aujourd’hui, la Ville de Paris honore la mémoire des quatre frères Peignot dans le XVe arrondissement. Un reliquaire des Frères Peignot, présenté au Musée de La Légion d’Honneur, symbolise également le sacrifice de la famille. Véritable monument aux morts familial, commandé par leur sœur, Jane Tuleu, ce meuble qui s’ouvre sur une croix de guerre, rappelle les faits d’armes des disparus :

 reliquaireReliquaire Peig« André PEIGNOT, capitaine au 43e RIC, à l'ordre de l"Armée :
A été tué le 25 7bre d'une balle au coeur en chargeant à la tête de sa compagnie, pour enlever un point important. »

« Rémi PEIGNOT, maréchal des logis au 57e RA, à l'ordre du Corps d'Armée :
Doué des plus belles qualités de bravoure, est tombé au champ d'honneur en accomplissant sa périlleuse mission d'observateur auprès de l'infanterie. »

« Georges PEIGNOT, adjudant au 43e RIC, à l'ordre de la Division :
Pour prendre la place de ses deux frères, s'est engagé pour la durée de la guerre. A été tué glorieusement en conduisant sa section à l'attaque des tranchées allemandes. »

« Lucien PEIGNOT, lieutenant au 57e RA, à l'ordre du Corps d'Armée :
A fait preuve d'initiative et d'énergie le 14 et 15 7bre 1914 devant Minaucourt. A pris une part considérable à l'organisation et à la mise en œuvre des procédés de détermination des batteries allemandes. »

Après la guerre et la disparition des cinq frères, l’entreprise familiale continua ses activités en s’associant à une autre fonderie, la fonderie Deberny avec qui Naudin continua de collaborer en tant de créateur de vignettes et d’ornements.

Autre document exceptionnel illustré par Bernard Naudin, le faire-part de naissance de Philippine Puaux, née en plein confit le 10 juillet 1916 à Paris.

puauxFaire-part de naissance de Philippine Puaux

philippe puauxTexte intérieur du faire-part de Philippine Puaux

On y voit un bébé dans les bras d’une Marianne habillée en poilu, tenant à bout de bras un rameau d’olivier ; en arrière-fond, un drapeau et un tambour en-dessous duquel on peut lire : « À mon vieil ami René », signé « Naudin ».

La réalisation de ce faire-part n’est pas un hasard puisque Bernard Naudin est un proche de René Paux, le père du bébé. Journaliste, homme de lettres, poète et historien, René Puaux est « le chevalier servant de toutes les causes dont le malheur fait la beauté » (Joseph Coudurier de chassaigne in L’Illustration, 16 janvier 1937).

Secrétaire de rédaction de la Revue Hebdomadaire, puis correspondant à Londres du journal Le temps, il se retrouve lieutenant attaché aux services du Maréchal Foch pendant la Grande Guerre. Il publie également une série d’ouvrages sur le conflit : L’armée anglaise sur le continent ; La course à la mer ; La bataille des Flandres et enfin Le mensonge du 3 août 1914 dont un exemplaire est présent dans nos collections.

Pour la petite histoire... Philippine s’éteindra en octobre 2010, à l’âge de 94 ans, après une longue carrière d’infirmière.

mensongeLe Mensonge du 3 août 1914 (1917)


Les films, photographies et peintures

Maurice Brimbal (1877-1945)

Né à Châteauroux en 1877, Maurice Brimbal part pour Paris dès son apprentissage d’horloger en poche. Il y découvre Montmartre, le quartier latin, le monde des cabarets et du spectacle et fréquente assidûment Le Chat Noir, cabaret en vogue à l’époque.

De retour à Châteauroux, il fonde avec ses amis Badel (imprimeur), Naudin (illustrateur), Nigond (écrivain) et Nivet (sculpteur), un cabaret place Gambetta, Le Pierrot Noir, dans lequel il essaie d’adapter des éléments de la vie culturelle parisienne à Châteauroux.

photo01Maurice Brimbal sur les marches de l'Apollo

Après son service militaire au 90e RI, il fonde sa propre boutique au 23 rue Victor Hugo avec son épouse Juliette. C’est donc à Châteauroux qu’il apprend la déclaration de la guerre. Mobilisé au 65e Régiment d’Infanterie Territorial, il est affecté au creusement des tranchées dans l’Aisne avant d’être versé à l’Arsenal de Puteaux où il peut mettre son talent d’horloger au service de l’armée : il travaille alors à la mise au point des mécanismes d’horlogerie des batteries d’artillerie de gros calibre.

Même si l'Armistice est signée le 11 novembre 1918, mettant fin au conflit armé, la guerre n'est pas terminée : commence alors une longue bataille diplomatique. Et il faudra attendre le courant de 1919 pour voir les Poilus regagner leur ville de garnison puis leur famille.

Après avoir connu l'enfer des tranchées, toutes les grandes batailles de ce qui devait être la « Der des Der », suivi de 8 mois d'occupation en Allemagne, le retour du 90e RI dans l'Indre, est programmé à la fin de l'été.

La date du retour du 90e RI à Châteauroux connue, se met en place un comité d’accueil chargé d'organiser une fête digne de nom pour honorer les rescapés de la Grande Guerre.

En quelques jours, pas moins de 21000 francs sont réunis qui permettront de

  • décorer les rues principales de la ville,
  • construire un arc de triomphe,
  • organiser une cérémonie et un défilé des troupes en ville,
  • servir un déjeuner « de fête » aux soldats à la caserne Bertrand,

à l’occasion de ce 24 août 1919.

Membre du comité, Maurice Brimbal, propriétaire du cinéma l’Olympia de Châteauroux depuis 1910, commande alors aux équipes Pathé (marque dont il est concessionnaire) un film pour « fixer les scènes de cette journée où le Berry manifesta à ses enfants sa reconnaissance et son affection [] afin que lorsque tous, témoins et acteurs de la Grande Guerre de 1914-1918, nous aurons disparu, ces images animées, puissent rappeler à nos enfants, avec les heures douloureuses et glorieuses, le souvenir de notre joie au lendemain de la victoire péniblement mais justement gagnée ».

C’est ainsi que voit le jour Châteauroux, Les Fêtes du retour des poilus - 24 août 1919, un documentaire, muet, en noir et blanc, de 22 minutes.

photo02Bobine originale du film Le retour du 90e RI

photo03Copie de la bobine du film Le retour du 90e RI

photo04Manuscrit du discours de Maurice Brimbal

Ce film sera conservé par ses héritiers jusqu’en 2004, date à laquelle Jean Barbot, petit fils de Maurice Brimbal, en fait don à la Médiathèque Équinoxe de Châteauroux.

Ce don comprend également le manuscrit du discours (non daté) de Maurice Brimbal, prononcé, semble-t-il, par ce dernier lors de la première projection du film. Y sont consignés les préparatifs et le déroulement très détaillés de la cérémonie, qui permettent de mieux appréhender le visionnage du film.

Quelques jours avant le 24 août, « le comité distribua guirlandes et lampions pour que sur le parcours du défilé, les rues prennent un air de grande fête. Un arc de triomphe monumental fut dressé en trois jours et trois nuits à l’angle de la place Gambetta et de la rue de la gare ».

Bien qu’en vacances, « les enfants des écoles tressèrent des guirlandes de lierre et de mousse, et découpèrent des fleurs artificielles ». « Au matin de la fête [...], la voie triomphale s’allongeait sous une voute de verdure et de couleur ».

photo06Rues de Châteauroux décorées en l'honneur du 90e RI

 brimbal chateauroux

Le 24 août 1919, « les troupes arrivées depuis l’avant-veille, furent massées le matin, route de La Châtre [...]. A dix heures précises, les canons tirèrent leurs saluts, les locomotives massées sur le pont de La Châtre sifflèrent cinq minutes durant, toutes les cloches des églises de Châteauroux et de Déols sonnèrent à grandes volées et le 90e Régiment d’Infanterie suivi des autres corps de la garnison s’avança vers la ville.

En tête marchaient les mutilés et les grands blessés montés dans les autos gracieusement prêtées par des citoyens.

Au bureau d’octroi de la route de La Châtre, la colonne s’arrêta. Massés à cet endroit, le Préfet de l’Indre, les membres de son cabinet, les Sénateurs et Députés, la Municipalité de Châteauroux, les corps administratifs, les Généraux des corps d’armée de division et le comité s’avancèrent du devant des troupes. [...] »

photo07le Conseil Municipal, le Maire, les Députés et sénateurs, le Préfet
et les autorités militaires
photo08Hommage aux 3 drapeaux

S’ensuit le défilé des troupes en direction de la Caserne Bertrand en passant par le Centre Ville. À l’angle de la place Gambetta et de la rue de la gare, la foule acclama avec vigueur ses soldats lors de leur passage sous l’arc de triomphe construit en leur honneur.

photo10Défilé dans les rues de Châteauroux

photo09

Au quartier Bertrand, devant le régiment massé entouré des délégations des anciens du 290e et du 65e Territorial et des mutilés [...], le lieutenant Colonel Cambel, dans une vibrante allocution rappela brièvement les faits d’armes du régiment, exulta les vertus des glorieux morts [...].

photo11Caserne Bertrand

photo12

À midi, les membres du comité partagèrent le repas offert aux soldats. [...] »

La liesse populaire s’empara la ville jusqu’à tard dans la nuit. « Des milliers de personnes étaient venues de tous les coins du département malgré la pénurie des transports. [...] Et le soir, lorsque la retraite aux flambeaux gagne le jardin public, où avait lieu un concert, les rues étaient barrées par une foule enthousiaste [...].

photo13Banquet offert aux troupes

photo14Retraite aux flambeaux

La population de Châteauroux massée dans notre beau jardin écouta religieusement, la musique de son cher régiment, lorsque le Baryton Mézy de l’opéra entonna la Marseillaise [...], ce fut un délire d’applaudissement qui termina brillamment cette belle journée ».

C'est par ces dernières images que se termine le discours de Maurice Brimbal ainsi que le film consacré au retour du 90e RI, deux formidables témoins d'une journée riche en émotions et en festivités, tant pour les combattants de la Grande Guerre que leur famille ou les témoins de cette journée marquante de l'histoire de Châteauroux.

Extraits du film Le Retour du 90e Régiment d'Infanterie

regarder le film en entier sur le site de CICLIC

Raymond Rollinat (1859-1931)

Naturaliste et herpétologiste (spécialiste des reptiles et amphibiens), Raymond Rollinat refuse de partir faire ses études à Paris, et préfère rester à Argenton-sur-Creuse. Il étudie aussi les vertébrés et écrit plusieurs ouvrages.

Libéré par l'âge de toute obligation militaire, il veut pourtant résolument servir la patrie. C'est pourquoi il tient un journal quotidien des événements et prend chaque jour des photographies d'Argenton-sur-Creuse notamment pendant la Guerre 14-18 et jusqu'en 1921. Une grande partie a été publiée.

Le fonds de plaques de verre est conservé à la Médiathèque Équinoxe depuis 1938 (don Frédéric Soehnée). Les légendes des plaques contenues dans chacune des boîtes d'origine, sont numérotées et légendées par Raymond Rollinat. Les fiches écrites à l'encre noire sont de Raymond Rollinat ; celles écrites au crayon à papier sont d'origine inconnue.

Pour l'anecdote...

En 1914, Raymond Rollinat consigne au jour le jour des études et observations zoologiques. Ses articles sont publiés dans les bulletins et mémoires de diverses sociétés d'Histoire Naturelle. L'annonce de la mobilisation lui cause de terribles angoisses car il garde de mauvais souvenirs du service militaire, mais demeure un grand patriote. En effet, il décide donc de s'engager dans la réserve territoriale préposée à la garde des voies ferrées, à la condition d'être affecté à la surveillance de la ligne Paris-Toulouse de son jardin : sa candidature est refusée. Il s'investit à la suite de ce refus dans la Croix Rouge.

source : Mon ami Raymond d'Anatole Sainson

Fernand Maillaud (1862-1946)

Peintre né à Mouhet (Indre), il s'installe à Montmartre à Paris. Il vit en peignant des agrandissements de portraits, des copies de tableaux de maîtres, et illustre des journaux de mode. Il passe régulièrement ses vacances à Issoudun qui va lui inspirer de nombreux tableaux. Il rencontre Gauguin et intègre le mouvement des impressionnistes pour finalement le quitter peu de temps après, préférant être un peintre libre et solitaire. Il reçoit les conseils de deux maîtres, Humbert et Cormon, professeurs à l'école des Beaux-Arts de Paris. Lors de ses passages dans l'Indre, il fréquente Maurice Rollinat et Gabriel Nigond.

Pour preuve de leur amitié, Fernand Maillaud illustre le manuscrit Les contes de la Limousine de Gabriel Nigond, artiste mondialement reconnu.

photo15En observation 1916
de Fernand Maillaud

photo16La femme et le blessé 1914
de Fernand Maillaud
photo17Le soir dans les tranchées
de Fernand Maillaud

Léon Broquet (1869-1935)

Élève de Claude Monet entre autres, il peint beaucoup d'huiles sur toile, mais réalise aussi des gravures à l'eau-forte, des aquarelles et des peintures murales. Il réalise également des peintures de paysages, de scènes de genre et de marines en parcourant la France.

14-18 : il commence la guerre comme militaire et ce n'est qu'en 1916 qu'il effectue quelques missions de peintres aux armées. Il est ensuite nommé peintre aux armées et demande à repartir au front en 1917. De nouveau au front, il dessine et peint durant toute la guerre des œuvres qui ne font qu'accroître sa notoriété.

Il devient rapidement un peintre de renommée internationale. Il part rejoindre le groupe des peintres de Concarneau. C'est à cette occasion qu'il rencontre une bonne dans l'hôtel où il descend et l'épouse rapidement.

Le couple voyage beaucoup avant de s'installer à Châteauroux où Léon Broquet établit une école de peinture.

photo18Soldats derrière les barbelés

photo19Soldats poussant le canon

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