La Grande Guerre vécue par d'illustres indriens

Les lettres et poèmes

camille berthet

Camille Berthet (1893-1961)

Coiffeur de profession, Camille Berthet n'en n'est pas moins poète. Cet homme au physique jovial aime déclamer sa prose en coupant les cheveux de ses clients.

Mobilisé en 1914, il connaît la boue des tranchées d'où il continue néanmoins à écrire des vers, transcrivant l'enfer des combats. Le plus célèbre d'entre ses poèmes, intitulé Leurs Mamans, est dédié à ses camarades de combat, morts pour la France, devant la ville de Loos.

Homme d'une grande droiture et d'un profond dévouement, il mène une lutte incessante au service des autres et des causes justes dans la vie comme sur les champs de bataille. Gazé, il refuse d'être évacué avant ses compagnons de régiment.

La passion pour la poésie sera au centre de toute sa vie et le conduira à animer, à la fin des années 1940, l'Amarylis, petite revue de poésie et à collaborer à la Muse Berrichonne de 1946 à sa mort.

amaryllisAmarylis N°2, juin 1948 leurs mamansLeurs Mamans
poème de Camille Berthet
(28 septembre 1915)

 

compodonico

lettres poesieLettres et poésies (1921)

Charles Compodonico (1888-1916)

D'origine italienne par son grand-père, Charles Compodonico est le seul Indrien célèbre évoqué dans l'exposition tombé au combat.

Jeune homme très doué pour les études, Compodonico entame une carrière prometteuse dans l'enseignement quand la guerre éclate. Professeur à l’École Normale de La Rochelle, il se trouve en voyage à Sofia en août 1914. Mobilisé dès son retour à La Rochelle au 123e RI, il participe à la Bataille de la Marne et connaît Verdun, avant d'être blessé grièvement le 18 juin 1916 dans l'Argonne. Il décède des suites de ses blessures le 20 juin 1916, à Sainte-Menehould (Marne), à l'âge de 28 ans.

Choqué par sa disparition, ses amis entreprennent un travail de collecte de ses écrits, lettres et poèmes, rédigés avant et pendant la guerre. Le recueil Lettres et poésies rassemblés par les soins de ses amis paraît aux Editions d'art des « Tablettes » (Paris) en 1924 et contribuera à faire connaître un jeune auteur de talent.

Autre reconnaissance : le nom de Charles Compodonico est inscrit au fronton du Panthéon à Paris parmi les noms des 546 écrivains morts pour la France.

fiche militaireFiche militaire
de Charles Compodonico

de vorys

Jules de Vorys (1838-1928)

Issu d'une famille aisée - son père était avocat à la cour d'appel de Limoges et fut député de la Haute-Vienne en 1848 - François Jules Frichon de Vignaud de Vorys, alias Jules de Vorys, est à la fois un écrivain, journaliste, chroniqueur, poète et compositeur, et est né à Thenay (Indre) en 1838.

Orphelin de mère, il part très tôt pour Paris où il effectue toute sa scolarité puis ses études de droit. Il reçoit une éducation stricte autant intellectuellement que physiquement.

C'est au cours de ses années au collège Sainte-Barbe qu'il rencontre et devient ami des fils de Ferdinand de Lesseps, grâce à son tuteur, Monsieur Delamalle, beau-Frère du célèbre architecte. Il restera très lié à la famille De Lesseps tout au long de sa vie. Cette amitié lui vaut d'être invité par le Khédive Ismail à l'inauguration du Canal de Suez, en 1869, et de dîner à la table de l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Passionné par l'écriture et les voyages, il s'inspire des pays qu'il visite pour écrire notamment ses Flanneries orientales.

Néanmoins, il reste très attaché au Berry. Nommé lieutenant de louveterie en 1866, il s'intéresse au problème des loups dans le département de l'Indre et enquête pour le compte du Figaro.

Promu sous-préfet du Blanc en 1870, il a à cœur la défense de sa région mais frustré par les limites de ses fonctions, il démissionne très rapidement. Cependant, l'aventure de l'écriture continue et il collabore à l'édition des Esquisses pittoresques de l'Indre.

À la déclaration de la guerre, trop âgé pour être mobilisé, il contribue à la défense de la Patrie, par le biais de sa plume. Il publie chaque mois, dans la presse, d'août 1914 à décembre 1918, une chronique en vers intitulée L'invasion allemande. Ces vers, écrits au fur et à mesure des événements du 28 juin 1914, jour de l'attentat de Sarajevo, à décembre 1918 sont regroupés dans un ouvrage, publié en 1919, chez Langlois, imprimeur à Châteauroux. Vendu 10 francs, le livre est vendu, une fois les frais d'impression payés, au profit des Orphelins de guerre ou Pupilles de la Nation du département de l'Indre.

invasion allemandeManuscrit L'Invasion allemandeinvasion allemande 2L'Invasion allemande (1919)La qualité des vers et le sentiment national qui en émane sont tels qu'ils font écrire à Jean-Bernard, préfacier de l'ouvrage : « À lire ces strophes pleines de souffle, de vaillance, d'indignation parfois et de courage, on dirait des vers de jeune homme par la verdeur, la vigueur, la forme et la netteté de la pensée. […] M. de Vorys, ancien volontaire de 1870 avait un peu plus de soixante quinze ans quand éclatèrent les hostilités, mais encore vert, il se mit à la disposition de la Défense Nationale. Mais le recrutement ne le jugea bon qu'à garder les voies de communication, ce qui lui procura des loisirs qu'il employa à exprimer en beaux vers ses désillusions, ses colères et ses espoirs. À la bonne heure ! disions-nous, en lisant une fois par mois ces strophes, tantôt tristes, tantôt enflammées, toujours bien françaises, confiantes dans la victoire quand même, voilà des vers qui partent de l'âme, des vers de poète et des pensées d'un bon citoyen. Ce petit livre […] sera sûrement un jour prochain une curiosité bibliographique. […] Les patriotes le liront comme réconfort [et] j'aime à me persuader que les instituteurs en feront apprendre des passages à leurs jeunes élèves. »

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