Les Journaux de Tranchées de la médiathèque de Châteauroux

Quatre journaux de tranchées sont conservés, de manière très fragmentaire, à la Médiathèque de Châteauroux.

Sommaire :

Le Bochofage

photo04Le Bochofage - 16 septembre 1916
lire quelques numéros

Le Bochofage est le journal de la 6e compagnie du 68e RI. Il se définit comme un « organe Anticafardeux, Kaisericide et Embuscophobe ».

Imprimé à Paris, il comporte 25 numéros parus entre le 14 juillet 1916 et décembre (Noël) 1918. Son rédacteur en chef, André Charpentier, journaliste dans le civil, sera l’auteur en 1935 d’un livre d’or des journaux de tranchées Feuilles bleu horizon 1914-1918, premier ouvrage hommage à cette presse du front. Ce même rédacteur en chef estime à 15 francs la somme nécessaire pour lancer un numéro selon les procédés les plus rudimentaires. Ce qui explique peut-être que le journal ait une marraine : Mme A. L. Rossollin qui, semble-t-il, finançait l’impression et sa distribution aux Poilus du 68e.

Son prix était fixé à « 0 franc pour les Poilus », « 12 francs 95 pour les civils » et « 2.000 Francs en or pour les Embusqués ». L’impression est confiée à « G. Coeffier, 56 avenue Jean Jaurès, Paris ». Le dernier numéro à paraître est le n°25 de Noël 1918

Les Boyaux du 95e

photo05Les Boyaux du 95e – N°4
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Les Boyaux du 95e est le journal de tranchées du 95e RI, basé à Bourges. Son titre apparaît dès le début de 1915. Son rédacteur en chef est « M. Bamboula, 12e compagnie – 95e Régiment d’infanterie – Secteur 54 ». Vendu 10 centimes, on peut s’y abonner « pour toute la durée de la campagne » pour 5 francs.

Outre dessins et caricatures en nombre qui illustrent les propos des plumes du journal, le journal revendique ses origines. Dans le n°4, un hommage est rendu aux Poilus Berrichons sous la forme d’une chanson intitulée Les Berrichons, forte de 6 couplets.

photo06Chanson Les Berrichons

Refrain

Gâs du Berry, marchons au pas
Et narguons fatigue et souffrance.
Berrichons, ne sommes nous pas
Les enfants du cœur de la France ?
Drapeau flottant au vert,
Que toujours et quand même
Le quatre vingt quinzième
Marche en avant !
Bis
Vivent les Berrichons.

Le Poilu

photo08aDessin de Naudin dans Le Poilu

photo07Le Poilu - N°27, novembre 1916
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Le Poilu, journal des tranchées de Champagne voit le jour sur le front de Champagne à l’initiative d’Aristide Vève, médecin-chef du 108e Régiment d’Infanterie territoriale, le 15 décembre 1914. Il se réclame comme un « Journal humoristique, littéraire, artistique de la vie des Troglodytes qui paraîtra quand il pourra et où il pourra, défendu aux Embusqués (Epilés), le seul irrégulier du front qui n’ait pas de collaborateurs académiciens ».

Le siège social a pour adresse : « Le Poilu, SP.12 ». Son impression est assurée par l’Imprimerie de l’Union Républicaine, de Châlons-sur-Marne. Son prix est de 10 centimes l’exemplaire, mais on peut également s’abonner pour un an pour la somme de 5 francs. On y retrouve nombre de dessins de Bernard Naudin qui illustrent très régulièrement les articles. Il réalise également une affiche pour promouvoir la vente du journal.

photo08bDessin de Naudin dans Le Poilu

photo09Affiche publicitaire pour le journal Le Poilu,
illustrée par Bernard Naudin.



L'Horizon, Journal des Poilus

photo10 L'Horizon, Journal des Poilus – N° 10, avril 1918
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Comme Le Poilu imprimé dans le même secteur de combat (secteur 12) par l'Imprimerie de l'Union Républicaine (Châlons), L'Horizon, journal des Poilus rassemble, dès 1916, des écrits et collaborations de tous les grades de l'armée. S'y cotoient aussi bien des contes de Gus Bofa que la signature de Denis Thevenin, alias Georges Duhamel, ou celle de Guy de Pourtalès, à proximité de dessins de Bernard Naudin.

Il paraît pour la première fois en juillet 1917, sous le titre L'Horizon, journal des Poilus. Notre pensée aussi est bleu horizon. Vendu pour la somme de 10 centimes l'exemplaire, il est possible de s'y abonner pour 1 an pour 5 francs. Son gérant se nomme « Émile Laporte à Châlons-sur-Marne ».

Dans son édition d'avril 1918, n°10, 2e année, à côté d'un article donnant les résultats d'un jeu concours sous forme de rébus (1er prix : 1 pipe et 1 abonnement ; 2e prix : 1 pipe ; 3e prix : 1 surprise), d'une revue de livres, des « prophéties de guerre », sont publiés des « remerciements » adressés aux lecteurs du journal et dans lequel les rédacteurs évoquent la difficulté à produire le journal.

« Remerciements : Ce numéro a été composé et tiré dans des conditions particulièrement pénibles et même tragiques. Nous tenons à adresser nos remerciements les plus cordiaux aux courageux amis, typos et imprimeurs, qui nous ont permis d'en assurer quand même l'exécution. »

Les remerciements sont également à l'ordre du jour dans le n°21 de mars 1919, consacré à la Démobilisation. Dans ce qui semble être le dernier numéro, le journal rend hommage à ses collaborateurs. On peut lire :

« […] Terminons : NAUDIN vient d'être fait chevalier de la Légion d'Honneur. Qui doit-on féliciter ? L'artiste génial, le Poilu admirable, l'ami au cœur magnifique ? Ils sont tous un. Ils sont BERNARD NAUDIN, notre BERNARD NAUDIN, que nous embrassons avec orgueil. »

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