Henri Gatien Bertrand

Proche de Napoléon, Henri Gatien Bertrand, Grand Maréchal du Palais était également très proche des Castelroussins et de la ville où il a vu le jour. Preuve en est le leg du Maréchal à la ville de Châteauroux.

general bertrandHenri Gatien Bertrand, Grand Maréchal du Palais, compagnon de Napoléon à Saint Hélène est avant tout un castelroussin et un berrichon de naissance.

Issue d'une famille bourgeoise, Henri Gatien Bertrand nait à Châteauroux, le 28 mars 1773. Fils de Henri Bertrand, conseiller au Baillage de Châteauroux et de Marie Henriette Bouchet, il voit le jour au Château Raoul, haut lieu symbolique s'il en est du chef lieu du Département de l'Indre.

Après des études au collège de La Flèche et s'être destiné pendant un temps à une carrière dans la magistrature puis aux Ponts et Chaussées, il embrasse finalement une carrière militaire. Major de promotion à l'École Royale du Génie de Mézières, il occupe deux ans la chaire de stéréotomie et de géométrie de l'Ecole Polytechnique qui vient de s'ouvrir.

Détaché ensuite à l'Ambassade de France à Constantinople, il étudie les plans de défense des Dardanelles avant de participer à la Campagne d'Italie où il rencontre Napoléon et d'être affecté à l'Armée d'Égypte.

Il embarque en 1798 pour L'Égypte et participe à la Campagne des Pyramides et reçoit alors de grade de Chef de bataillon. Ses travaux de fortification de la ville du Caire le font remarqué par Bonaparte. Il participe à la Bataille d'Aboukir (25 juillet 1799) où il s'illustre par sa bravoure et son courage. Promu chef puis général de brigade, il est nommé responsable des fortifications de la ville d'Alexandrie le 21 mars 1801.

De retour en France, nommé Commandant en chef du camp de Saint-Omer (1803), il fortifie la côte et aménage les bases d'embarquement pour l'armée. Ses travaux de technicien lui valent de franchir un à un les trois échelons de la Légion d'Honneur, nouvellement crée et d'être nommé Aide de Camps de l'Empereur le 7 mars 1805.

Il participe, à ce titre, à toutes les grandes batailles de l'Empire. Ses connaissances de la vallée du Danube et de la région d'Ulm ainsi que son action sur place seront décisives dans la victoire d'Austerlitz (décembre 1805). Il combat vaillamment à Iéna avant de s'emparer de Spandau le 25 octobre 1806 et d'ouvrir à Napoléon la route de Berlin. Chargé de diriger le siège contre Dantzig dont il obtient la capitulation, il est récompensé par le grade de Général de division. Fin 1807, il accompagne Napoléon en Italie où il est fait Chevalier de la Couronne de fer.

1808 voit son mariage avec Élisabeth Françoise Dillon (dite Fanny), fille du Général Arthur Dillon et de Laure Girardin de Montgérard, petite cousine de l'Impératrice Joséphine, qu'il épouse le 16 septembre à Paris.

À peine marié, il reprend la route aux côtés de Napoléon pour l'Autriche, où il est en charge de reconstruire les ponts du Danube, afin de permettre à la Grande Armée de traverser le fleuve. Sur ses ordres, 800 mètres de ponts sont construits en 15 jours par le Génie qui permettent aux armées de l'Empire de remporter la bataille de Wagram. Son rôle capital dans cette victoire lui vaut d'être fait Grand Aigle de la Légion d'Honneur, le 14 août 1809.

S'ensuit un passage difficile pour le Général : tour à tour Gouverneur général des Provinces d'Illyrie puis Commandant du IVe corps de la Grande Armée, Bertrand accumule les déconvenues. Ce qui n'empêche cependant pas Napoléon de le nommer Grand Maréchal du Palais le 13 novembre 1813.

Fidèle à l'Empereur même dans le malheur, Bertrand l'accompagne dans son exil à l'Île d'Elbe où il restera de mai 1814 à février 1815. Ministre de l'Intérieur et gouverneur des Affaires civiles, il est rejoint sur l'île par son épouse Fanny.

Le 1er mars 1815, il débarque à Antibes au côté de Napoléon qu'il accompagne à Paris. Il s'installe aux Tuileries et devient son conseiller militaire pendant toute la période des 100 jours. La défaite de Waterloo (18 juin 1815), l'abandon de l'Empereur par ses généraux, l'opposition de Fanny au départ de son époux, rien n’empêche le Grand Maréchal de suivre son chef dans l'exil et d'embarquer pour Saint Hélène le 7 août 1815.

Henri Gatien, Fanny et leurs trois enfants (Napoléon, Hortense et Henri) débarquent sur l'île le 15 octobre 1815 et y résident jusqu'au 27 mai 1821, aux lendemains de la mort de l'Empereur (5 mai 1821). Condamné à mort par contumace sous la Restauration, le Général est amnistié le 24 octobre 1821 et peut rentrer en France et revenir sur ses terres indriennes du domaine de Laloeuf.

La Monarchie de Juillet le nomme Colonel de la Garde Nationale puis Commandant en chef de l'Ecole Polytechnique avant qu'il ne soit élu Député de l'Indre de juillet 1831 à juin 1834.

Après le décès de sa femme en 1836, il passe trois ans à la Martinique sur les plantations de canne à sucre héritées de sa belle-mère.

À son retour en métropole, il accompagne avec son fils Arthur, la mission du Prince de Joinville en charge de ramener les cendres de l'Empereur de juillet à Novembre 1840. Il profite d'un nouveau voyage en Martinique en 1842 pour visiter les Etats-Unis d'Amérique et découvrir le pays où il a failli accompagner Napoléon en 1815.

Rentré fin décembre 1843 à Châteauroux, il s'éteint à l'Hôtel Bertrand, le 31 janvier 1844 et est inhumé dans le caveau familial au cimetière Saint-Denis dès le lendemain. Suite à une loi votée par les Chambres le 13 avril 1847, à l'initiative du Comte de Briqueville, et qui prévoit le transfert des restes des deux Grands Maréchaux de l'Empire Duroc et Bertrand sous le dôme des Invalides, Henri Gatien Bertrand repose depuis le 5 mai 1847 (jour anniversaire de Bonaparte) à l'entrée de la crypte menant au tombeau de Napoléon, « son ami et son maître qu'il servi sans jamais faillir ».

À sa mort, le Général Bertrand lègue à la Bibliothèque de Châteauroux le fabuleux Manuscrit de la Campagne d'Égypte. Il sera remis à Eugène-Victor Grillon, Maire de Châteauroux, par son frère, Louis Bertrand-Boislarge en juillet 1847. Ce lègue vient complété un don fait en 1842 composé de 31 livres ayant appartenu à Napoléon.

En 1876, Hortense Thayer, sa fille donnera pour sa part sa bibliothèque personnelle à la Ville de Châteauroux.

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