Zulma Carraud

Zulma Carraud (Estelle Zulma Tourangin-Courant) est née le 24 mars 1796 à Issoudun.

Ses parents sont commerçants (draperie-mercerie). Zulma est leur huitième enfant. En 1816, à 20 ans, elle épouse un cousin de 15 ans son aîné, le capitaine François Michel Carraud qui devient en 1818 officier instructeur à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Ils ont quatre enfants entre 1818 et 1831 dont un seul Yvan, né en 1826, survit.

Laure Balzac, sœur d’Honoré, est une amie de Zulma et c’est par son intermédiaire que Zulma fait la connaissance de l’écrivain. Une amitié s’installe et dès 1829 ils entreprennent une longue correspondance. Après la Révolution de 1830, le Commandant Carraud est nommé inspecteur de la poudrerie d’Angoulême. Zulma et son mari y vivent jusqu’en 1834, année de naissance de leur fils Yorick. Balzac fait plusieurs séjours chez eux. A la retraite du Commandant, les Carraud s’installent dans le domaine de Frapesle à Issoudun jusqu’en 1848. Durant cette période Balzac y séjourne à plusieurs reprises (avril 1834, août 1835, février et mars 1838). Il écrit là deux romans : César Birotteau et La Rabouilleuse.

En 1848, les Carraud quittent le domaine de Frapesle, devenu trop lourd à entretenir, et vendu en 1851. Ils s’établissent à Nohant-en-Graçay chez le frère de Zulma, Silas Tourangin, alors maire.

Entre 1852 et 1868, Zulma Carraud devient bénévolement médecin de campagne et maîtresse d’école par goût d’aider les autres, ce qui l’amène à l’écriture. Elle rédige des lettres destinées aux enfants, les premières datent de 1849. Elle écrit pour les enfants d’école primaire "pour leur donner de bonnes idées pratiques et un vocabulaire adapté", rassemblés dans des livres "convenables". En 1852, un ami de Zulma, séduit par son premier ouvrage La petite Jeanne ou Le devoir le propose à l’éditeur Hachette qui invite aussitôt Zulma à Paris, la conseille et l’encourage à poursuivre.

La Petite Jeanne ou Le devoir, est couronné par l’Académie française et connaît six éditions, la dernière date de 1872 dans la Bibliothèque Rose illustrée et quarante et une réimpressions jusqu’en 1901.

Elle écrit ensuite dix livres pour enfants, à l’intention des petites filles de l’école primaire.

Dans ses livres, elle emprunte à sa vie de tous les jours des histoires simples, attachantes et compréhensibles qui allient une écriture maîtrisée, et un ton très pédagogique et moralisateur.

C’est une lectrice assidue de Balzac. Elle lit tous ses livres et lui adresse ses commentaires sans détours.

Son mari meurt le 13 février 1864 à Nohant-en-Graçay où il est enterré. Son fils Yorick est tué à Sedan en 1870. Son frère, Silas Touragin, meurt le 1er septembre 1874 et son fils aîné, Yvan en 1881. Très affectée par ces nombreux deuils, Zulma Carraud quitte Nohant pour s’installer à Paris, chez sa belle-fille, épouse de son fils Yvan. Elle y meurt le 24 avril 1889 à l’âge de 93 ans. Elle est enterrée auprès de sa famille à Nohant-en-Graçay.

Son arrière-petit-fils Philippe Hériat (1898-1971), de son vrai nom Raymond Payelle, est acteur de cinéma, romancier, dramaturge. Il reçoit le Prix Goncourt en 1939, pour son roman Les Enfants gâtés, premier volume d'une saga familiale Les Boussardel.

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