Le Prix de la Ville de Châteauroux 2014

Après une sélection faite par les bibliothécaires et une lecture minutieuse des ouvrages par le nouveau jury, le Prix Guy Vanhor a été attribué à Bruno Mascle pour son livre Fusillé pour l'exemple : Abel Garçault (1894-1914).

Le Prix Guy Vanhor a été virtuellement créé en 1968 par Guy Vanhor, André Tissier de son vrai nom, par disposition testamentaire. Cet instituteur par ailleurs auteur, journaliste et critique littéraire voulut par l'institution de ce prix faire perpétuer son nom d'écrivain, Guy Vanhor, et par là-même son amour de la littérature. Après sa mort en 1969 et quelques difficultés administratives, le premier Prix Guy Vanhor est décerné en 1973 par un jury de 10 membres. Il s'agit de récompenser un auteur originaire du Berry ou de l'un des départements limitrophes ou un auteur y résidant véritablement. Éventuellement il pourrait être attribué à un écrivain français de quelques autres régions s'il présentait un ouvrage intéressant directement le Berry. [Extrait de la disposition testamentaire de Guy Vanhor]

De 1973 à 1992, vingt-et-un Prix Guy Vanhor sont décernés. Non remis les années qui suivent, le Prix Guy Vanhor sera de facto abandonné.

En 1996 est alors créé le Prix de la Ville de Châteauroux (dit « Prix de la Ville de Châteauroux - Guy Vanhor », en hommage à ce dernier) afin de récompenser les auteurs d'ouvrages contribuant à la connaissance, à la promotion et au rayonnement de Châteauroux, de l'Indre et du Berry. Le premier lauréat, Michel Berthelot, se voit décerner le prix à l'automne 1996 pour son ouvrage sur le général Bertrand. Les membres du jury sélectionnent parmi la production éditoriale de l'année 10 titres, tous genres confondus, entre lesquels ils votent ensuite pour élire le lauréat du Prix. Un « Prix spécial du jury » permet exceptionnellement de récompenser un livre pour son originalité ou un auteur pour l'ensemble de son œuvre, Christophe Rameix en 2013 pour son travail sur les peintres de la vallée de la Creuse ou Les Amis de la Bibliothèque municipales du Blanc pour leur catalogue de l'exposition Léon de Laborde, voyage en Asie mineure : de Constantinople au Taurus et à la côte de Cilicie en 2014.

19e Prix de la Ville : Fusillé pour l'exemple : Abel Garçault (1894-1914)

Jacquette fusille pour l exempleFusillé pour l'exemple :
Abel Garçault (1894-1914)
Lors de la délibération finale, le jury du 19e Prix de la ville de Châteauroux – Guy Vanhor a choisi de récompenser Monsieur Bruno Mascle pour son ouvrage Fusillé pour l'exemple : Abel Garçault (1894-1914), publié par les Éditions La Bouinotte.

Ce livre, paru en octobre 2014, s'inscrit pleinement parmi les ouvrages liés aux commémorations du Centenaire de la Première Guerre Mondiale.

Abel Garçault a tout juste 20 ans quand la guerre est déclarée le 3 août 1914. Incorporé le 5 septembre 1914, il rejoint le 1er Régiment de marche des Zouaves, stationné dans la région d'Yser, dans les Flandres. C'est là qu'il connait le baptême du feu et découvre l'enfer des combats.

Le 18 décembre de la même année, blessé à la main, il est examiné par le Médecin-Major Lanou qui émet des doutes quant à l'origine de la blessure. Considéré jusque-là comme un bon soldat par ses supérieurs, Abel Garçault est mis aux arrêts et, après « enquête », est traduit devant le Conseil de guerre le 26 décembre, à Poperinge, sous l'accusation « d'abandon de poste devant l'ennemi après mutilation volontaire ». Reconnu coupable d'automutilation, le jeune Poilu est exécuté le 27 décembre 1914.

bruno mascleBruno MascleOfficiellement « mort à la suite de ses blessures », François et Léontine Garçault n'apprendront la vérité sur la mort de leur fils que grâce à une lettre de Jean-Baptiste Laffitte, prêtre qui assista Abel et Louis Chochoi, son compagnon d'infortune, au moment de leur trépas. Révolté par ces morts, le Père Laffite entame alors un long combat pour faire réhabiliter les deux Poilus. Devant la faiblesse des preuves enregistrées, la cour de cassation de Paris revient sur la décision du Conseil de guerre spécial du 26 décembre 1914 et prononce l'acquittement de Garçault et Chochoi.

C'est avec cette même rage que Bruno Mascle s'est lancé sur les traces d'Abel Garçault, pendant plus qu'un an pour rendre hommage à « ce jeune homme sans visage et sans sépulture ». Journaliste de profession, en poste à La Nouvelle République de Châteauroux, Bruno Mascle est parti sur les pas du jeune Théopolitain et a enquêté à la recherche de témoignages et preuves de son innocence puis a retranscrit dans son ouvrage son long cheminement vers la vérité.

Préfacé par le Général André Bach[1], Fusillé pour l'exemple : Abel Garçault (1894-1914) retrace avec émotion la rencontre fortuite de son auteur avec le soldat Garçault et honore la mémoire de ce jeune Berrichon dont le nom ne figurait jusqu'à aujourd'hui seulement que sur le monument aux morts de la commune de Villedieu-sur-Indre.

[1] Historien et ancien directeur du Service historique de l'Armée de Terre (Château de Vincennes), le Général André Bach est vice-président du Collectif de recherches internationales et de débat sur la Guerre 14-18. Il est l'auteur de Fusillés pour l'exemple 1914-1915 paru chez Tallandier en 2003.

Prix de la ville de Châteauroux Guy Vanhor 2014

Les 10 titres sélectionnés pour le 19e prix de la Ville de Châteauroux Guy Vanhor.

OPAC Sélection de notices

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Ces cookies sont utilisés pour réaliser des statistiques de visites.