Jenny de Vasson

Découvrez le portrait d'une Berrichonne d'exception, contemporaine et amie de George Sand. Jenny de Vasson reçut une solide éducation et devint l'une des premières femme photographe en Europe.

portrait à l'huile de Jenny de Vasson par Bernard Naudin dédicace au dos : « A Madame de Vasson, Bernard Naudin, 1902 » (don de Mme Wolkowitch en 1939 Musée Bertrand de Châteauroux)dessin issu des correspondances Bernard Naudin à Jenny de Vasson portrait à l'huile de Jenny de Vasson par Bernard Naudin dédicace au dos : « A Madame de Vasson, Bernard Naudin, 1902 » (don de Mme Wolkowitch en 1939 Musée Bertrand de Châteauroux)portrait à l'huile de Jenny de Vasson par Bernard Naudin dédicace au dos : « À Madame de Vasson, Bernard Naudin, 1902 » (don de Mme Wolkowitch en 1939 Musée Bertrand de Châteauroux)

Jenny Girard de Vasson, fille unique de Paulin de Vasson et de Nannecy de Constantin, est née à La Châtre le 20 août 1872. Issue d'un milieu aristocratique, elle reçoit une solide éducation. Férue de littérature classique, elle affectionne les grands auteurs grecs et latins. Très tôt, elle est baignée, grâce à son entourage, dans le monde de la musique, de la littérature et de la peinture.

Sa famille est apparentée à celle du Général Bertrand. Ses parents fréquentent fréquemment des personnalités célèbres dont George Sand. Jenny de Vasson garde un souvenir impérissable de ses promenades à Nohant.

Elle vit à Issoudun où ses parents reçoivent régulièrement beaucoup d'invités. Elle y rencontre des artistes tels que le poète Maurice Rollinat, le sculpteur Ernest Nivet et Fernand Maillaud qui comptent rapidement parmi ses amis les plus proches.

dessin issu des correspondances Bernard Naudin à Jenny de Vassondessin issu des correspondances Bernard Naudin à Jenny de Vasson

Grâce à son père aquarelliste de talent, elle fait également la connaissance de Bernard Naudin, artiste musicien, peintre, graveur à qui elle voue une grande admiration artistique et humaine. Elle le reçoit chaque semaine de 1890 à 1893, pour l'aider dans sa scolarité. L'ambiguïté des sentiments naissants entre Jenny de Vasson et Bernard Naudin pousse Monsieur de Vasson à favoriser l'entrée de Bernard Naudin dans un grand atelier parisien. Bernard Naudin est très influencé par la personnalité de Jenny de Vasson, notamment au plan musical. Ils vont entretenir une correspondance régulière et leur amitié profonde et complexe va durer toute leur vie.

decorsdessin issu des correspondances de Bernard Naudin à Jenny de Vasson

Après sa mort Bernard Naudin déclare à sa soeur Germaine Molinas dans ses Mémoires en 1957 « Ma chère amie, [...] Jenny est la seule femme que j'ai jamais aimée ».

Bernard Naudin a dessiné plusieurs portraits de Jenny de Vasson dont certains sont présents au Musée Bertrand de Châteauroux.

 photoMoulin d'Angibault, 1907 photographie de Jenny de Vasson (extrait de Le Monde de Jenny de Vasson)

En 1894, lors d'un voyage dans les Pyrénées, elle fait la connaissance de Richard Bloch. À même époque, éclate l'affaire Dreyfus. Le père de Jenny de Vasson, républicain et franc-maçon, s'engage avec force et virulence dans ce combat et soutient le Capitaine Dreyfus. Cet engagement va priver brièvement la famille de Vasson des relations avec un certain nombre de berrichons de la haute société.

Mais Jenny de Vasson va vite nouer des liens avec de nombreux intellectuels reconnus tels que Jean-Richard Bloch, Jules Bloch et surtout l'écrivain Émile Herzog (dont le pseudonyme deviendra André Maurois).

En 1898, elle se lance dans la photographie, achète son appareil photographie et installe son laboratoire à domicile. Elle effectue de multiples voyages essentiellement en Europe, durant lesquels elle prend 

de nombreuses photographies. Au cours de ses nombreux déplacements, elle rencontre deux botanistes italiens, Achille Forti et Alessandro Trotter avec qui elle va se lier d'amitié.

Jenny de Vasson photographie pour son plaisir, pour ses propres souvenirs, mais quelques photos sont aussi l'occasion d'une mise en scène et d'une volonté esthétique recherchées et conscientes.

En 1901, les de Vasson s'installent à Versailles dans un hôtel particulier suite à la retraite du père de Jenny de Vasson et y résident l'hiver. Ils passent chaque été dans la maison familiale de la mère de Jenny de Vasson dans le Berry, à l'Abbaye de Varennes à Fougerolles dans l'Indre. Versailles étant proche de Paris, Jenny de Vasson va fréquenter régulièrement les théâtres et les concerts. À l'une de ces occasions, elle va rencontrer Roger Martin du Gard.

portrait 2portrait à l'huile de Jenny de Vasson par Bernard Naudin (don de Mme Wolkowitch en 1939 au Musée Bertrand de Châteauroux)Brusquement, la guerre 14-18 éclate et la famille de Vasson se retire à l'Abbaye de Varennes. Jenny de Vasson va durant cette période photographier le monde rural, les soldats partant à la guerre et leur famille pour immortaliser les souvenirs.

Après avoir renoncé durant sa vie à se marier, elle décède, seule, à l'Abbaye de Varennes, le 15 février 1920 d'une angine de poitrine. Elle est enterrée au cimetière de Fougerolles en toute simplicité.

Une partie de l'œuvre de Jenny de Vasson a été détruite dans son hôtel de Versailles durant l'occupation en 1942 mais il reste aujourd'hui une correspondance importante, deux mille tirages d'époque, sept mille plaques et négatifs.

La Médiathèque Équinoxe conserve dans le fonds Joseph Thibault un nombre important de lettres de Bernard Naudin à Jenny de Vasson.

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