Né en 1925 à Limoges, Jacques Lacarrière est un homme de lettres aux multiples activités: conteur, conférencier, traducteur, romancier et... voyageur.

de la Grèce à notre bel aujourd’hui

photo lacarrieretheatreSes séjours en Grèce sont à l'origine d'une part importante de son œuvre, empreinte d'émerveillements, de sérénité, et d'une grande richesse culturelle.

Quelques œuvres de Jacques Lacarrière disponibles à la médiathèque Équinoxe

chemin faisantChemin Faisant

Mille kilomètres à pied à travers la France, des Vosges (Notre Dame des Vignes) aux Corbières (Notre Dames des Olives). Un livre, le journal d'un « errant heureux ». Une invitation au voyage sur des chemins peu fréquentés, à la rencontre d'autres habitants que ceux des villes, et de leurs histoires, « sur le grand portulan des chemins ».

ete grecL'été grec

Un chef d'œuvre. Lacarrière nous emmène sur les chemins de l’histoire et de la légende, de ville en îles nues, sèches et rocailleuses. Indispensable pour un voyage en Grèce, mais aussi pour avoir une idée de que le mot culture peut signifier, quand elle est, comme ici, à la portée de tous.

jardin pour memoireUn jardin pour mémoire

C’est à un voyage dans le passé que Lacarrière nous convie dans ce livre. Recueil de souvenirs d’une époque difficile mais pleine d’éveil et d’ouvertures. Le cadre : la ville d’Orléans, la Loire. Le lieu principal : un jardin. Arbres. Tilleuls. Lieux secondaires : la ville, les rues, les caves. La période : l’été 1944, sous les bombardements, à la veille et pendant la libération de la ville. Les personnages : un groupe de jeunes, secouristes volontaires, les blessés et les morts. Et Eléonore.

chemin d ecritureChemins d’écriture

« Il y a des livres qui se referment sur eux-mêmes, d’autres qui vous ouvrent des chemins et des amis nouveaux. » Incontestablement les livres de Jacques Lacarrière sont de ces derniers. Et plus particulièrement celui-ci : chemins d’écriture. Cet itinéraire autobiographique est écrit à partir de souvenirs, de photos, d’écrits épars ou de brouillons de journaux de voyage. « Noter ce que l’on voit vous contraint à le voir avec plus d’attention et de façon plus exhaustive. »

© http://www.ecrivains-voyageurs.net

statue

touriste

Florence Marguier, les Voyages intérieurs et Jacques Lacarrière

marguier florence« Les Voyages Intérieurs sont nés d’un désir, celui de faire découvrir l’univers d’auteurs ou de créateurs à partir d’une vision prenant en compte le plus possible les particularismes de leurs cheminements. C’est donc l’expérience vécue, qui pour nous parle de la manière peut-être la plus juste sinon la plus pudique de l’aventure intérieure ou vagabonde de celui ou de celle qui porte son regard sur le monde, les autres, l’art et avant tout la vie.

Nos itinéraires sont plutôt des « itinérances » où l’on chemine en compagnie de ceux qui acceptent de témoigner. À la Médiathèque Équinoxe de Châteauroux c’est l’écrivain Michel Cazenave qui, évoquant le poète Federico García Lorca exprime sa propre passion pour l’âme andalouse. Une autre fois, c’est le critique Michel Corvin, qui vient en « anarchiste intellectuel » nous présenter quelques illusions trompeuses, quelques dialogues échevelés, dont il parcourt l’histoire en connaisseur des plus avertis du théâtre français.

Aujourd’hui, c’est Jacques Lacarrière qui est au rendez-vous, mais dans un compagnonnage où ses amis, son épouse, ceux qui savourent sa poésie et aiment son regard sur le monde sont heureux de les faire vivre au travers de ses textes. Et puisque le théâtre conduit Jacques Lacarrière en Grèce, c’est ce fil d’Ariane que nous suivons…

Plus personnellement, j’ai connu Jacques Lacarrière à l’occasion d’une émission pour France-Culture dont le sujet portait sur Sophocle, ce dramaturge sur lequel il avait publié un essai aux éditions de L’Arche. Lors de la préparation, Jacques ne parlait guère. Il m’écoutait lui raconter son livre… mais la veille de l’enregistrement alors que j’allais partir, il m’assura avec un sourire dans l’œil : « vous savez, ne vous inquiétez pas je sais très bien parler… » Le lendemain, il faisait exister Sophocle au travers du micro, le rendait non seulement vivant mais comme inscrit dans notre aujourd’hui. Sophocle n’était plus un visage dans la pierre mais un homme que l’on aurait pu croiser dans la cité athénienne. Il parla d’Œdipe, de tous ces mythes, de ces héros… Nous nous retrouvâmes une autre fois autour des Péchés Capitaux et Jacques choisit la luxure. Quel beau sujet pour l’auteur de Marie d’Égypte ! Plus tard, je le vis à Sacy où nous nous retrouvions autour d’un projet de film sur la Grèce.

Jacques et Sylvia possèdent une maison dans ce village. Dans le grenier, il a installé son bureau, avec ses livres des Sourates, des pierres… De la fenêtre on perçoit les toits… Un jour, ce marcheur qui arpentait les routes – chemin faisant – n’est pas revenu des suites d’une opération à un genou. Et pourtant, combien de fois je pense qu’il nous attend sur le seuil de sa maison, les bras croisés sur la poitrine, avec ses beaux yeux bleus attentifs, intrigués, curieux de tout et de tous, heureux de nous faire découvrir une merveille, de nous révéler ce qui se cache sous « l’écorce » des mythes. L’ami fraternel, Jacques Lacarrière, est un « homme traversé » qui nous fait voyager. »

Florence Marguier-Forsythe